Cela faisait quelques temps que j’entendais parlais du projet « The Quiet Crowd Sessions » par Matthieu. Et puis d’un coup, pendant une semaine il nous informe qu’il est en train de filmer tout un paquet de bon groupes libournais (de loin les plus interessants si vous voyez ce que je veux dire). Il nous balance le teaser et quelques photos de ces séances et on se dit que là ça devient quand même sérieux. Et puis je dois bien dire que j’aime bien le personnage. Discret, humble, touche à tout, beaucoup d’influences musicales en commun, bidouilleur, bon compositeur, etc… Donc j’ai voulu lui donner la parole. Enjoy !

1. Bonjour Matthieu, allez go! peux tu te présenter brièvement ?
Je m’appelle Matthieu, j’ai 33 ans. Je fais de la musique depuis que j’ai 5 ans. J’ai découvert le rock avec l’arrivée au top 50 de « Smells Like Teen Spirit » de Nirvana. J’avais 12 ans à l’époque. Ça ne m’a plus jamais quitté. A cette époque, j’ai commencé à jouer dans plusieurs formations du Créonnais, à bidouiller des morceaux sur 4-pistes… Comme cet aspect là m’intéressait, j’en ai fait mon métier. J’ai toujours fait partie de groupes, Box Elder, Kristy Burger, Tangerine Pills, Première Partie Reprezent, Stew, JOSH… Je fais actuellement partie du crou My MIB, collectif de musiciens du Créonnais fondé par Sébastien Dominot qui regroupe de nombreux groupes et suis guitariste/chanteur dans McNoodles (www.mcnoodles.net).

2. Tu es à l’origine du projet « THE QUIET CROWD SESSIONS », c’est quoi alors ?
Je cherchais un projet qui pouvait servir à la promo de McNoodles. Je me suis réveillé un matin avec cette idée, que ce qui manquait à beaucoup de groupes, c’était l’occasion de voir une vidéo live, mais avec une lumière descente et un son de qualité. Quand je découvre un groupe, au delà du disque, je vais systématiquement rechercher des vidéos live, car c’est là que l’on peut jauger au plus juste la réelle valeur d’un groupe, et parfois, y’a de grosses surprises… Il est devenu maintenant trop facile de tricher en enregistrement studio. Fausses batteries très bien imitées mais programmées en MIDI, Simulateurs d’ampli, autotunes… Bref, que du flan. Le deuxième problème ést que souvent, ces vidéos trouvées sur Youtube sont médiocres, lumière dégueu, images floue et son qui sature… les joies des smartphones. Difficile de se faire un avis.

Je suis allé au travail avec cette idée, sans savoir comment la réaliser. J’en ai parlé à mon collègue, qui n’est autre que Chris, du groupe Basement. Il ne me manquait qu’un lieu, pour le reste,, je pouvais me débrouiller… Il m’a convaincu d’aller en parler à notre directeur, afin de voir si on pouvait occuper le plateau du théâtre où on travaille pendant une période de fermeture, et pendant nos congés. Il a rapidement accepté, et nous avons pu avancer !

3. Comment tu as choisis les groupes ?
Au début, il n’y avait que nos deux groupes, McNoodles et Basement. Et puis, on s’est dit que vu qu’il y avait une petite installation à faire, autant faire participer des groupes amis du coin. J’ai fait une première liste de groupes des environs, à qui le projet pouvait servir. Il fallait que ces groupes aient une activités réelle et régulière et aussi que nous soyons sûr qu’humainement, ça allait passer, car nous allions investir beaucoup de temps sur ce projet, et de manière totalement bénévole, alors autant le faire dans une bonne ambiance, avec des gens cools. Du moins pour commencer ! Une fois la période de tournage définie, j’ai donc envoyé des mails aux groupes concernés, et je n’ai eu que des réponses positives. Je ne pensais vraiment pas que tous répondrait oui. De quoi remplir une semaine complète. Il n’y avait plus qu’a s’y mettre. 7 groupes au total : McNoodles, Basement, June Hill, Dr Gonzo, The Dust, Goodbye 20 Hello 30 et Sofian Mustang. L’avantage d’être 7 groupes est aussi de mutualiser les moyens humains, et les publics, pour la promo et la diffusion des vidéos à venir notamment.

4. Tu en es où en ce moment du projet ?
J’attends encore 2 montages vidéos, mais sinon, tout le reste est quasiment prêt. Nous avons pour idée de sortir les vidéos début novembre, à raison d’une par semaine. Vu qu’il y en a 7, cela devrait nous mener jusqu’à mi ou fin décembre. Reste à savoir maintenant comment seront accueillies les vidéos par le public. Ce qui est sûr, c’est que les groupes ont tous réussis leur session. Je trouve le résultat bon, perfectible bien sûr, mais il faut toujours se garder une marge de progression !

5. C’est un projet qui va continuer dans le temps ?
C’est une bonne question. Depuis le lancement du projet, nous avons été sollicités par de nombreux groupes désirant participer aux Quiet Crowd Sessions, et ce sans avoir la moindre vidéo à montrer !! Pour l’instant, nous ne savons pas. J’aimerai beaucoup que ce projet se pérennise, mais il demande pas mal de temps et la question du lieu n’est pour l’instant pas vraiment réglée. L’idéal serait que ce projet rentre dans notre cadre professionnel, mais là, c’est de l’ordre du rêve !! (rires) Nous sommes déjà bien occupés à ce niveau là !

6. Alors cette scène libournaise que tu mets en avant, tu la trouves comment ? en forme ? bien structurée ? en développement ?
Pour tout te dire, je ne suis pas sûr de connaître vraiment la scène libournaise actuelle. La gens que je connais de cette scène datent de l’époque où Lucane musiques était à son âge d’or (pour moi bien sûr), à savoir l’époque de son… forum. Cela semble la préhistoire maintenant, mais l’asso avait un forum Internet super actif et beaucoup de liens se sont créés à cette époque là, avec des musiciens comme avec des gens passionnés qui voulaient faire bouger leur ville.
Pour tout te dire, maintenant qu’il y a des locaux de répétitions sur la ville, il ne manque plus qu’un lieu où les groupes qui ont tant répétés puissent jouer en public. Un lieu comme l’Heretic Club ou l’Antirouille à Libourne… Ça serait le rêve ! Depuis l’arrêt des concerts au Block, un vide reste à combler. Il y a bien évidemment des manifestations temporaires, comme les Invasions, la fête de la jeunesse, où quelques scènes ouvertes qui tentent de ramener de la musique actuelle live en ville. Même si c’est toujours ça de pris, ça n’est malheureusement qu’éphémère. Une vraie activité à l’année dans un lieu dédié permettrait à la scène locale de se développer, et une foule de choses peuvent être brodées autour de cela. (dont les QCSessions, au passage, c’est une autre histoire…). Mais les décisions se prennent à un autre niveau que le nôtre, et nous ne pouvons qu’attendre de voir comment la suite va se dessiner. Pour finir avec ta question, je n’œuvre pas forcement pour la scène Libournaise, mais pour la scène Indé en général. J’ai envie que cette scène continue de pouvoir exister. J’aimerai pouvoir créer des échanges, des passerelles entre les groupes du coin et des groupes d’autres villes. Cela nourrirait tout le monde.

7. Tu sais que dans mon blog, je parle pas mal du Do it Yourself. Tu en pense quoi du DIY ? comment tu le pratiques ?
C’est simple, le DIY, je ne fait que ça ! C’est ma vie depuis toujours ! Par facilité déjà, car il est plus simple de faire soit même que d’attendre après les autres. Il faut tout de même se le sentir, mais je suis un touche à tout, j’adore apprendre de nouveaux trucs tous les jours, alors chaque projet me donne l’occasion d’avancer dans cette démarche. Le DIY permet aussi d’avoir une maîtrise totale de son projet, de son « produit ». Avec les défauts, car il en reste toujours, mais au moins on a fait quelque chose, et la plupart du temps, avec ses tripes ! On va jusqu’au bout de la démarche en DIY. Bien sur, il faut aussi savoir s’entourer de personnes compétentes quand il est nécessaires. Toute aide est bonne à prendre ! Je ne dis pas qu’il faut tout le temps bosser seul, mais si cela évite de stagner, il ne faut pas hésiter.

Le DIY, c’est se dire : « je peux le faire »…et le faire !! Je fabrique tout mes clips avec McNoodles, et tous les groupes du crou My MIB font de même! C’est une façon de dire, ok, on n’est pas sur une structure solide, on a aucun budget, mais on va le faire quand même ! Ça aide à avancer !
Idem pour les Quiet Crows Sessions, on a monté ça à deux, avec un budget de 0€, et on l’a mené au bout, avec 0€ ! Avec quelques compétences, quelques connaissances qui ont accepté de nous donner un coup de main, de nous prêter un peu de matériel. Ces sessions n’ont par exemple pas été filmé avec du matériel pro car nous n’en avions pas les moyens. On a fait ça comme on pouvait, à savoir avec des petites caméras, ou des appareils photos compacts qu’on a collectés à droite à gauche… L’image n’est donc pas parfaite, les colorimétries sont variables, mais le résultat est là, il existe ! On verra pour la suite si on peut améliorer la chose… Mais peut être que nous ferons exactement pareil !!
Pour finir, pour McNoodles, je me suis fabriqué ma guitare, quelques pédales, et j’ai bien bidouillé mon ampli aussi. Do It Yourself les mains dans le cambouis, y’a que ça ce vrai ! Si je n’avais pas besoin de revenus, je ne ferai que ça, aider les groupes a réaliser leurs clips, leurs disques etc etc… Ce que je fais tout de même une bonne partie de mon temps libre, les Quiet Crowd Sessions en sont la preuve ! Regardez du coté de Steve Albini ou Ian MacKaye, et vous verrez jusqu’où la démarche indé et DIY peut mener !

8. Si tu as des choses à nous dire en plus, c’est le moment !
Pour rester sur les Quiet Crowd Sessions, je voudrais en profiter pour remercier les gens qui nous ont aidés dans ce projet, de quelque manière que ce soit, à savoir La mairie de Libourne, Dominique Beyly, Sabine Aggoun, Youcky prod, Marion Manteau et Laurent Turpault et bien sûr tous les membres des groupes Basement, McNoodles, June Hill, The Dust, Dr Gonzo, G20H30 et Sofian Mustang. Je tiens aussi à remercier tous les gens qui nous soutiennent moralement dans ce projet, via notre page facebook notamment, facebook.com/TheQuietCrowdSessions.

Je tiens aussi à préciser que l’esprit des Sessions est de proposer une vision réelle des groupes, aussi, aucun artifice de studio n’est utilisé, les prises ne sont pas éditées, le mix est sobre, et ce que vous entendrez et verrez sera l’exacte reflet de ce qu’a joué le groupe en live ce jour là ! Je tiens à le préciser car j’ai été assez stupéfait de la qualité des prestations. Cela semble trop beau pour être vrai, et pourtant, c’est l’essence même du projet, je peux vous le jurer, alors régalez vous !

Et enfin puisque la tribune est libre, je vous invite à venir soutenir McNoodles le 12/12/12 à la Rock School Barbey de Bordeaux, pour les auditions régionales des Inouïs du Printemps de Bourges. A la clé, une participation pour le groupe au festival 2013, en avril prochain.

David LOUIS

Directeur chez Webset, Organisme de formation professionnelle pour les métiers de la culture, du spectacle vivant, Consultant web 2.0, adepte du DIY et du Coworking

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