En faisant ma veille habituelle, je suis tombé sur une news de l’Irma : À l’occasion des Rencontres & débats aux Transmusicales de Rennes est organisé une table ronde le 7 décembre 2012 sur les « Responsabilités et pouvoirs de l’employeur dans les structures musiques actuelles ».

Très souvent, dans le secteur associatif, les dirigeants bénévoles (Président, Secrétaire, Trésorier et Membres de l’exécutif) sont des autodidactes. L’association tourne pendant un certain temps à 100% en bénévolat.  La voie vers la professionnalisation d’une association est souvent la même : dans notre beau pays, on aime proposer des emplois aidés et principalement dans le secteur non-marchand (sous entendez le secteur associatif). C’est très interessant pour des structures à faible moyen (prise en charge autour de 75 à 95% du coût salarial) et donc très tentant d’embaucher lorsque l’on désire développer les activités de l’association. Mais très souvent, les dirigeants ne réalisent pas que ça engendre de nouvelles responsabilités : celles d’un employeur. J’ai souvent la sensation que ce mot (lorsque j’en parle avec des associations) fait peur et que les responsables se cachent sous le fait qu’ils soient bénévéloles. Une fois, lors d’un audit dans une association, un Président m’a dit : « Attend, c’est cool, on est dans le culturel, on va pas se prendre la tête avec toute cette paperasse, ça ne m’interesse pas. Le salarié, il a qu’à connaître ses droits ».

J’ai souvent étais surpris par l’ambiguité de nombreuses associations : les bénévoles ou dirigeants sont souvent les premiers à manifester contre le pouvoir ou les injustices sociales (ex : proposer des tarifs bas pour les concerts) Et ces mêmes personnes auront avec leur salarié des comportements pires que des ultra-libéraux se traduisant par différentes situations : le salarié quémande son chèque (salaire) chaque moi parceque le trésorier ou président oublie, heures supplémentaires pas pris en compte, pas de proposition de formation continue au salarié, pas de dédommagement de frais kilométrique ou de restauration, pas d’accompagnement, etc, etc…

Ce genre de situation se passe souvent au sein de micro-structures avec généralement un voir deux salariés. Je pense que ça peut venir de deux raisons : la première est le fait qu’il y a dans l’inconscient que l’associatif c’est cool, on est une bande de potes et on va pas se prendre la tête avec les règles administratives. La deuxième est du à un déficit d’organisation ou d’information des dirigeant bénévoles et salariés.

La première explication vient du fait que les dirigeants bénévoles ne réalisent pas l’ampleur de leur responsabilités. Le plus important est leur engagement dans l’association de façon concrète : organisation d’un spectacle, programmation artistique, louer une buvette, faire des affiches, etc… Souvent, quand une association élit son dirigeant Président, c’est sur la base de son engagement associatif. On oublie trop souvent qu’un dirigeant bénévole est élu pour être le responsable légal, représente l’association devant la justice et notamment garant de la bonne application des règles du Code du travail et du Code de la Sécurité sociale dans son rôle d’employeur. Une prise de conscience doit vite avoir lieu sinon il peut en résulter de lourdes conséquences.

La deuxième explication est du à un manque de compétence, d’information et de formation. Le dirigeant a souvent la tête dans le guidon et ne prend pas le temps de s’informer des évolutions de la loi. Il est tout à fait conscient de son rôle, de ses responsabilités et stresse du fait qu’il sait très bien que ses prérogatives ne sont pas claires. Généralement, la personne vit mal cette situation, et a souvent envie de quitter la présidence au bout de plusieurs années.

Les jeunes ou petites associations oublient trop souvent qu’elles sont des véritables personnes morales au même titre que les entreprises. Et bien souvent, les collectivités locales qui les subventionnent, leur demande d’être rigoureuses dans leur gestion. On fait souvent une mauvaise interprétation du « caractère à but non lucratif » propre au secteur associatif. Mais c’est juste le fait que les dirigeants ne peuvent pas se partager les bénéfices (certains préférant dire excédent) en fin d’année. Elles ont le droit (et elles doivent) de faire du chiffre d’affaire (certains préférant dire recettes) : ventes billetterie  prestations de services. Il n’y a pas que les subventions dans la vie (et surtout par les temps qui courent). Le fait de vendre cré automatiquement des obligations envers leur « clients » (certains préférant dire public ou adhérent). Et si ça se passe mal, mieux vaut être protéger niveau responsabilité car c’est le dirigeant qui est en première ligne. Plusieurs moyens seront mis en oeuvre : une bonne rédaction des statuts (et non pas utiliser celui que vous donne la Préfecture qui est une copie des statuts d’une SA (Société anonyme) avec une bonne répartition des responsabilité, une bonne assurance responsabilité civile, des CGV (conditions générales de ventes) pour la billetterie, un réglement intérieur si vous accueillez du public au sein de votre local, etc…

Bref, pour finir, être dirigeant d’une association est loin d’être évident. Et j’aurai tendance à vous conseiller de déléguer pas mal de choses à votre salarié et de faire le point régulièrement avec lui. L’organisation est ce qu’il y a de plus important dans une association. Donnez aussi la possibilité aux salariés de se former. Vous aurez au bout du compte une personne plus qualifiée et qui apportera un plus à la structure.

David LOUIS

Directeur chez Webset, Organisme de formation professionnelle pour les métiers de la culture, du spectacle vivant, Consultant web 2.0, adepte du DIY et du Coworking

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